« C’est un banal processus chimique, répétait le médecin de la station. Il n’y a aucune magie là-dedans, merde ! La poussière de Mars contient de la naloxone, une substance antagoniste de la morphine. Un agent qui provoque une mise en relief brutale de toutes les douleurs stockées dans notre conscience. »

Serge BRUSSOLO, Les Brigades du Chaos, tome 1

Fin d’année oblige, l’heure est à l’introspection. 2020 fut paradoxalement une année faste pour la figurine en ce qui me concerne. Ma découverte tardive de la communauté DPDJ, notamment strasbourgeoise, fut une formidable surprise. C’est également cette année qu’est sorti le jeu d’escarmouche futuriste Mars: Code Aurora. La bestiole de Studio 6201 est pour l’heure disponible en PDF ou en impression à la demande sur LULU, mais sera bientôt distribuée par Studio Tomahawk.

On y incarne des groupes de colons sur la planète rouge dans un futur proche, tantôt teinté de cynisme cyberpunk, tantôt lorgnant du côté de l’horreur façon Alien, mais toujours avec une dose d’humour mordant. Les allégeances y sont totales et les affrontements féroces. Un petit avant goût vous attend sur la page officielle du jeu: http://marscodeaurora.fr/index.php

Bon si je vous raconte ça ce n’est pas juste parce que j’ai un grand amour pour ce jeu qui permet d’utiliser vos meilleures figurines (celles qui vous plaisent), mais aussi parce que j’ai envie de vous livrer un petit tuto tout simple pour réaliser des socles qui seront dans le ton pour vos parties en-dehors des Arches qui abritent troupes, renégats et autres techno-cultistes exilés sur Mars. Précisons d’emblée qu’il ne s’agira pas de recréer fidèlement le paysage martien, qui tire en fait plutôt vers la rouille brun-orange, mais plutôt d’évoquer de façon très cash la couleur qu’on associe généralement à cette planète.

On commence avec les ingrédients:

On retrouve les classiques de la texture que sont les « rochers » en liège de chez Army Painter, le bon vieux sable toujours efficace et la colle à bois.

Prévoyez également du Mournfang Brown de chez Citadel, ou tout autre brun légèrement rougêatre. Le Jokaero Orange, toujours de chez Citadel, servira de touche finale. Le Matt Black de chez Army Painter n’est là que pour le contour du socle.

La clé du tuto réside dans les pigments à sec, à savoir le Primer Red et le Light Rust de chez Mig Jimenez, dans la gamme AMMO. L’essence F, disponible en grande surface, servira à sceller le tout et à éviter que le pigment ne s’éparpille avec le temps. A utiliser toutefois dans un lieu bien ventilé (c’est KoteMenDo qui le dit !).

Pour les pinceaux, prenez ce que vous avez de pire. Les effilochés en fin de vie dont les pointes ne peuvent plus être sauvées par les tutos de VonKrieg feront très bien l’affaire.

C’est bon ? Mettez le premier mouvement des Planètes de Gustav Holst, on décolle.

On commence par la base, à savoir appliquer la colle à bois sur le socle. Pour la texture, je commence par déposer ça et là des rochers en liège. Ne les groupez pas trop sinon vous obtiendrez des amas uniformes. Ils serviront avant tout à créer du relief. Une fois cela fait, ajoutez le sable, de préférence fin. Laissez sécher le tout.

Une fois le socle archi sec, on passe à la mise en peinture. Sortez le Mournfang Brown et appliquez une couche diluée à la louche pour obtenir quelque chose d’assez liquide pour se diffuser naturellement à la pose.

Une fois de plus, laissez sécher une bonne heure. La prochaine étape consiste à appliquer du pigment à sec, il est donc crucial d’éviter un socle humide qui viendrait gâcher l’effet poussiéreux à pas cher de votre poudre. Appliquez pour commencer le Primer Red à l’aide d’un gros pinceau. L’idée est de couvrir l’ensemble du socle sans le surcharger. Une fois que c’est fait, appliquez quelques touches plus ciblées de Light Rust afin de créer un léger contraste. Vous devriez obtenir quelque chose qui ressemble à ça:

Ceux qui ont déjà utilisé du pigment à sec le savent: c’est un passe temps salissant. Le pigment n’est pas vraiment « fixé » sur le socle tant que vous n’avez pas scellé son sort à l’aide d’un produit adéquat. Il existe des fixateurs à pigments dans différentes gammes de modélisme mais à mon sens rien ne vaut l’essence F trouvable en grande surface et qui a toutes les qualités requises pour ce genre de travail de fondation. Plongez un pinceau grossier dans le produit et appliquez par petites touches le liquide sur le socle. Il va se diffuser naturellement, il n’est donc pas nécessaire d’y aller comme une brute. Après cela, le pigment restera en place et vous éviterez d’en mettre partout à chaque manipulation de la pièce.

On y est presque. L’essence F sèche en une poignée de minutes et lorsque le rendu est à nouveau mat, il est temps de finir le boulot. Passez un brossage à sec de Jokaero Orange en insistant sur les arrêtes des rochers tout en restant très léger sur le reste du socle. Les débris en liège vont casser la monotonie du paysage et créer un relief bienvenue.

Plus qu’à peindre le contour du socle en noir et on y est.

J’espère que ce tuto basique vous aura plu. Vous pouvez aller plus loin, notamment sur de plus grands socles en créant du relief à l’aide de plateaux déchirés dans des plaques de liège.

N’hésitez pas également à déborder un peu sur les pieds de la figurine lors de l’application du pigment afin de l’intégrer naturellement à l’ensemble. Tout est une question de dosage, alors n’y allez pas trop fort afin de créer une transition agréable entre le socle et le reste du bonhomme.

Les socles à dominante rouge se marient notamment très bien avec des figurines qui arborent des schémas qui tirent vers le bleu ou le turquoise compte tenu de leurs positions sur le cercle chromatique.

Un exemple de drone rôdant à la surface de Mars. Figurine de la gamme Beyond The Gates of Antares

Jacques

P.S. ça marche aussi pour l’Adeptus Mechanicus