Dans le futur lointain où il n’y a que la guerre, tout est moche, sombre, gris et brun … Bref, parfaitement en accord avec 2020 (et en plus ça rime) ! Du coup, je me suis dit que faire un petit tuto sur comment peindre un bâtiment en mode « sombre, gris et brun » aka (Grimdark) serait parfaitement de bons tons … (ok, je sors).

Le cobaye du jour va être un décor 6mm tiré d’Adeptus Titanicus 2018.

Ça en fait du bordel pour un si petit truc 😮

Attends ! Comment ça 6mm ? AT2018 c’est du 8mm nan ?

Un joueur découvrant le monde du 6mm en 2018

Non jeune padawan, mais ce n’est ni le lieu, ni le moment pour discuter de cela. Un jour, qui sait, je t’expliquerai pourquoi tu es dans l’erreur. Pour l’instant revenons à nos moutons.

L’idée est d’avoir un rendu dans des tons gris-marron avec du weathering de bon aloi. La méthode utilisée sera l’infâme – mais ô combien utile – brossage à sec appliqué de manière zénithale, c’est-dire que les teintes les plus claires seront appliquées de plus en plus sur le dessus de la figurine selon la méthode des 4/4 : on va brosser les 4/4 de la figurine (l’intégralité, donc) au premier éclaircissement, puis les 3/4 avec le 2eme, puis les 2/4 avec le 3eme et ainsi de suite, toujours en veillant à bien partir du dessus de la fig vers le bas pour avoir ce fameux rendu zénithal.

Évidement, ce tuto est également valable pour des décors en 28mm ou plus.

Couche de base

Sous-couche : Mechanicus Standard Grey ou l’excellent Stormvermin Fur pour ceux qui ont la chance d’avoir encore une bombe de « Scenery paint » en stock (jamais compris pourquoi GW avait arrêté cette gamme).

Le MSG est un gris bleuté qui se prête particulièrement bien à l’apprêtage des bâtiments.

Ombrage : Agrax earthshade ou équivalent.

On « splotch » le lavis tout en le tirant vers le bas et en évitant les accumulations dans les creux !

1er éclaircissement : Brossage au 4/4 de Stormverminfur

Étape qui permet de corriger les cradosseries du lavis en rééquilibrant les teintes. On brosse les 4/4 de la figurine (donc l’intégralité) généreusement en laissant tout de même une petite démarcation à la base.

2eme éclaircissement : Brossage au 3/4 de Dawnstone

On applique ici un brossage zénithal comme exposé plus haut. L’idée c’est de brosser les 3/4 de la figurine de haut en bas, en tenant la fig a 90 degré (comme on le ferait avec un aéro ou une bombe).

3eme éclaircissement : Brossage au 2/4 à l’Administratum Grey

Même procédé que plus haut, sauf qu’on arrête son brossage aux 2/4 de la fig (la moité, quoi !).

4eme éclaircissement : Brossage au 1/4 de Grey Seer

On brosse que la fig au 1/4, donc la partie supérieure.

Éclaircissement final : Si on veut pousser encore un peu plus loin les éclaircissements, on peut appliquer sur les arrêtes du Space Exterior et du blanc pur (pas comme un goret, hein !), en se concentrant toujours sur les zones supérieures.

Tout comme le off-white et l’ivoire chez Vallejo/Prince August, c’est un blanc cassé au dessus du Grey Seer, idéal pour mettre des points de lumière finaux sur les figs.

Weathering

Ma partie préférée ! Comme son nom l’indique, le weathering, salissement, ou « cache-misering » pour certains, sert à faire ressentir les effets du temps, dans toutes ces acceptions, sur les éléments. Il y a deux principes à appliquer en matière de weathering.

Le premier : savoir analyser la pièce pour savoir ou poser ses salissures. En effet, un objet est rarement totalement crade. Les salissures – surtout les liquides – agissent par capillarité. C’est à dire qu’ils vont être attirés par la gravité et les coins. L’érosion quant à elle va principalement se ressentir sur les zones exposées (échelles, portes, coins etc).

Le second : la par-ci-mo-nie. Le weathering, c’est comme les andouillettes, faut que ça soit un peu crade, mais pas trop ! L’idée est de montrer que la pièce a vécu, pas qu’elle est bonne pour la casse ou le bain d’acide 😮

Pour y arriver, on va utiliser deux outils à tout faire que j’affectionne particulièrement : le technical Typhus Corrosion et/ou le Streaking effect de chez Mig Jimanez.

Un petit mot sur ces produits. Le TC de chez GW est un pigment liquide. C’est à dire que c’est une solution type médium coloré dans laquelle on a ajouté des éléments non solubles comme du sable très fin ou des pigments qui ne se diluent qu’à l’alcool. C’est un produit idéal pour faire une base de rouille ou, lorsqu’il est un peu dilué, faire des effets de trainé (streaking) un peu texturé.

Le SE de chez Mig Jimanez est quant à lui un produit à base d’huile, entre la peinture et le lavis, qui permet de teinter ou t’obtenir des effets de trainée laissée par la rouille. Pour ce produit, l’idéal est d’utiliser un pinceau synthétique car le liquide abime rapidement les pinceaux naturels.

Application du Weathering : on va appliquer parcimonieusement le SE dans les creux et sous les sorties de ventilation. L’huile est un super produit car elle ne sèche pas immédiatement (on peut bosser dans le frais ou corriger les erreurs) et se diffuse naturellement (on peut facilement faire des fondus en 2 secondes).

Une technique très cool pour faire du streaking sans s’emmerder, c’est d’utiliser des pinceaux gommes et de bosser dans le frais.

On peut voir les coulures sous la corniche réalisées avec un pinceau gomme en tirant le liquide.
On applique ici sur les parties métallique du TC, puis un brossage avec du Dry Rust de chez AP (l’équivalent en moins bien du Ryza Rust de chez GW).

Étape finale : On va faire ressortir les vitraux en appliquant un mélange de Black Templar Contrast avec du Vernis brillant liquide (oui oui !).

Rendu final !

Un beau bloc bien dépressif comme on l’aime au 41ème millénaire.
En agissant sur la sous-couche, le lavis et le weathering, on peut créer tout un tas de subtilités de tons tout en gardant une cohérence d’ensemble.

A vos pinceaux !

Von Krieg