« Les Empereurs naissent et meurent. Les Fédérations se forment et disparaissent sous le coup des querelles de voisinage. Les Colonies deviennent des Clients. Tous obéissent à la seule loi de notre univers: le Méga-Crédit solarien. »

Salut à tous ! Aujourd’hui je vous parle de A Billion Suns (ABS à partir de maintenant pour faire court), la nouvelle création de Mike Hutchinson. Déjà responsable du très populaire Gaslands, l’auteur accouche d’un jeu de bataille spatiale au concept un peu particulier. La règle (actuellement non traduite) est éditée par Osprey et distribuée chez vos revendeurs préférés. Du matériel en téléchargement gratuit et des conseils pour débuter sont également disponibles sur le site officiel du jeu: http://abillionsuns.space

S’il est agnostique (comprendre: vous pourrez utiliser les figurines de votre choix), le jeu prend le parti d’esquisser un contexte narratif où s’opposent non pas des entités politiques ou des menaces aliens sans conscience, mais des corporations qui luttent pour…le fric !

Ce bel esprit d’entreprise, Mike Hutchinson a réussi à l’injecter dans toutes les cellules de son nouveau bébé. Le cœur du jeu repose ainsi sur des contrats générés à l’aide des têtes d’un paquet de cartes standard. A chaque tête correspond une mission bien particulière, allant du minage d’astéroïdes à l’évacuation de stations spatiales en passant par la chasse au Kraken de l’espace…

Planétoïdes, vaisseaux aux manifestes suspects, astéroïdes: quelques exemples de ce que les contrats vont vous faire subir (note: les astéroïdes sur la droite de l’image et la planète sont l’œuvre de VonKrieg).

Ainsi, ce sont trois contrats communs aux joueurs qui seront choisis aléatoirement à chaque engagement. Ce qu’ils pourront vous rapporter en espèces sonnantes et trébuchantes dépendra de la « Scale » de la partie sur laquelle se mettront d’accord les joueurs. L’ampleur de chaque mission est également calée sur cette notion d’échelle. Ainsi une pauvre station rafistolée en Scale 1 sera rapidement balayée, alors que vos croiseurs se casseront les dents sur la forteresse en Scale 10…

Deux vaisseaux civils, une canonnière et quelques chasseurs…vous alignerez rarement plus à Scale 2 !

Bon c’est bien beau tout ça, mais qu’est-ce qu’on pose sur la table ? Et bien au début rien du tout hormis les objectifs qui servent également de décors ! Les joueurs sont invités à dépenser des points de commandement générés à chaque tour pour positionner où ils le souhaitent des portails de saut d’où vont émerger des vaisseaux. Escadrilles de chasseurs, frégates minières, corvettes et autres cuirassés sont bien sûr de la partie, mais ils ne travaillent pas gratis…


Car oui, vous allez devoir raquer. Au début de la partie, les joueurs commencent avec un crédit nul. Attirés par l’appât du gain que représentent les contrats, ils vont devoir s’endetter dès le premier tour pour faire venir sur la table leurs vaisseaux. Ici, pas de liste conçue avant la partie ! Vous choisirez dans un pool abstrait et illimité ce que vous souhaitez voir apparaitre selon les besoins du moment. Chaque pièce est un investissement qui a coût en crédits venant s’imputer sur votre compte en banque, alors gare aux folies ! Un croiseur écrasera sans doute toute résistance lors d’une partie à petite échelle, mais est-ce bien rentable ?

Fig1: le dépassement budgétaire

Vous l’aurez compris, le but du jeu est de finir avec plus de ressources que votre adversaire en remplissant des objectifs. Si l’on considère qu’on peut gagner au mieux une trentaine de crédits par le biais des contrats au cours d’une partie en Scale 3, faire débarquer en guise de première action un cuirassé qui vous en coûtera 40 vous fera de facto perdre la partie, puisque votre adversaire n’aura plus qu’à vous regarder vous dépêtrer dans les relances d’impayés. La mécanique d’ABS toute entière repose sur ce calcul permanent risque/bénéfice. Le sentiment d’être toujours à la limite du dépôt de bilan et dans l’urgence de la résolution des contrats promet des parties aussi chaotiques que tendues, où l’affrontement des vaisseaux permet non pas de marquer des points mais de mettre des bâtons dans les roues aux vaisseaux civils chargés d’accomplir vos objectifs.

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Dans l'espace, le danger peut venir de partout. Ici, un vaisseau civil se pensait à l'abri lors d'une opération de forage mais une corporation rivale débarque à l'improviste…

Ça y est, les joueurs ont rempli totalement deux des trois contrats. Vous avez saboté ces stations spatiales renégates, et la livraison de transformateurs atmosphériques sur Andriss IV s’est déroulée plus ou moins comme prévue. La partie s’achève et tant pis pour le troisième contrat (l’espionnage n’est de toute façon pas votre fort). Sur la passerelle du Prunty, un des innombrables comptables de Kestrel Dynamics passe en revue vos performances. Un Méga-Crédit pour la destruction de la station Solestro, car le boulot a été bâclé par les têtes brûlées de votre escadrille de chasseurs. Quatre pour la station Omega car vous avez fait les choses selon les clauses imposées par le client. La livraison en a rapportés deux, ce qui nous fait un total de sept. Vous avez été économe dans le déploiement de vos vaisseaux. Ces chasseurs et ce cargo ne vous en auront coûtés que cinq mais…attendez voir…une corvette ?! Vous avez fait exploser le budget pour vous faire mousser ! Vous finissez dans le rouge et normalement ce serait la porte, mais heureusement votre homologue de la Nath Omnicom s’en est encore moins bien tiré que vous (d’ailleurs il a été viré). Ça ira pour cette fois, mais la Direction vous a dans le collimateur…

Torpille en A8...
Torpilles en A8...

On pourrait en dire beaucoup plus au sujet d’ABS. Je ne vous ai pas encore dit que le jeu est prévu pour être joué sur plusieurs tables à la fois, entre lesquelles vos flottes vont sauter pour assurer leurs missions. Je n’ai pas abordé la mécanique simple et élégante de l’engagement qui ne sera pas complètement inconnue aux joueurs de Gaslands. J’avais très envie de parler des projets de modélisme possibles et de la communauté naissante mais déjà dynamique. Le jeu vient à peine de sortir, alors j’en garde pour la suite !

Jacques